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La circulation des langues africaines dans l’espace public africain

« Le développement par le Gouvernement dans une langue étrangère est impossible, à moins que le processus d’acculturation ne soit achevé, c’est là que le culturel rejoint l’économique.

Le socialisme par le Gouvernement dans une langue étrangère est une supercherie, c’est là que le culturel rejoint le social.

La démocratie par le Gouvernement dans une langue étrangère est un leurre, et c’est là que culturel rejoint le politique ».

Cheikh Anta Diop, Taxaw, n°6, 1977.

Ce webinaire porte sur la circulation des langues africaines dans l’espace public africain. Plus de soixante ans après leur accession aux indépendances, un constat s’impose : dans la plupart des pays du continent africain, les langues de travail utilisées dans les cercles du pouvoir, les administrations, les parlements, les institutions chargées de l’enseignement et de la production des savoirs restent largement celles héritées de l’administration coloniale européenne : anglais, français, espagnol ou portugais. Même si l’on estime que ces langues étrangères ne sont maîtrisées que par une minorité de la population, elles bénéficient néanmoins du statut de langues officielles et sont supposées régler la vie politique, juridique, culturelle et économique des pays en question. Quant aux langues africaines, très majoritairement parlées par les populations, elles sont, pour ainsi dire, reléguées à la marge : dans les rues, les marchés, les secteurs informels et les campagnes de l’Afrique profonde…

Comment envisager, dans ces conditions, un quelconque essor économique, social, culturel, intellectuel, etc. à l’échelle nationale si la grande majorité du peuple concerné ne maîtrise pas la langue dans laquelle se discutent les affaires importantes du pays ? N’y a-t-il pas un lien évident entre essor économique, social, culturel, intellectuel et la langue qui porte (ou non) cet élan ?

Fort heureusement, des exemples existent aussi sur le continent, où l’unité linguistique (autour du choix d’une langue nationale) est facteur de progrès : l’Éthiopie en est un exemple, de même que les pays du Maghreb et, dans une certaine mesure aussi, quelques pays d’Afrique orientale et australe : Tanzanie, Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi, Zambie. Dans ces derniers pays, la langue parlée par l’ensemble habitants est une langue africaine : le Kinyarwanda et le Kirundi pour le Rwanda et le Burundi et le Kiswahili pour les autres (Kenya, Tanzanie, Ouganda, Zambie).

Chacun des intervenants tentera de faire ressortir le lien qui existe, particulièrement dans le cas des pays africains entre langue nationale et émergence de la démocratie, de même qu’entre langue nationale et essor intellectuel, social, culturel et économique…

Principaux intervenants : Munyao KILOLO – Aboubakar SANOGO – Ramenga Mtaali OSOTSI – Boubacar Boris DIOP

Modérateur : Yoporeka SOMET

Date

11 Nov 2022
Expiré!

Heure

14:00 - 16:00
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